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Les 100 Visages du Burkina Digital : Amadou Sondé, transformer les systèmes, relier les écosystèmes

Publié le 22 septembre 2026 par Kevin Bado

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Amadou Sondé, transformer les systèmes, relier les écosystèmes

À 25 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous allons à la rencontre d’Amadou Sondé, ingénieur, entrepreneur et directeur de programmes IT internationaux, dont le parcours, entre Afrique, France et international, conjugue depuis plus de quinze ans transformation des systèmes d'information, cloud, infrastructures, cybersécurité et création d'entreprises numériques.

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Cent sites. Dix mille collaborateurs. Un réseau international à reconstruire. Cinq millions d'euros de programme WAN. À cette échelle, changer un système informatique ne consiste plus à installer quelques équipements ou à migrer quelques ordinateurs. Il faut transformer sans casser. Moderniser sans arrêter l'activité. Sécuriser tout en permettant à des milliers de collaborateurs de continuer à travailler. Et penser aujourd'hui une architecture qui devra encore répondre aux besoins de demain. C'est précisément dans cet univers qu'évolue Amadou Sondé.

Ingénieur de formation, entrepreneur très tôt dans son parcours, puis architecte des systèmes d'information et directeur de programmes internationaux, il s'est progressivement installé à l'intersection de la technologie et de la stratégie. Là où la question n'est plus seulement : « Quelle technologie faut-il utiliser ? » Mais plutôt : « Que voulons-nous transformer grâce à elle ? »

L'ingénieur qui s'intéresse très tôt à l'entreprise

Le parcours académique d'Amadou Sondé donne déjà quelques indices sur la suite. En 2008, il obtient son diplôme d'ingénieur en technologies numériques et communications à IMT Nord Europe. Mais la même année, il complète cette formation technique par un Master 2 en Entrepreneuriat et Management de l'Innovation à l'IAE Lille.

Deux univers se rencontrent donc très tôt. La technologie d'un côté. L'entreprise de l'autre. Cette double lecture va devenir l'une des constantes de son parcours. Car savoir construire une solution technologique est une chose. Comprendre à quel besoin économique elle répond, comment l'amener sur un marché et comment bâtir une organisation autour d'elle en est une autre. Amadou Sondé choisit rapidement de faire les deux.

Entreprendre avant même les grands programmes internationaux

Dès 2009, il cofonde Doonya Technologies, une entreprise spécialisée dans le conseil, l'édition et l'ingénierie en communications IP. Il participe à la création et au développement de l'entreprise, travaille sur une gamme de solutions de téléphonie IP et collabore notamment avec des laboratoires de l'Institut Mines-Télécom.

L'année suivante, il cofonde Provya, une agence digitale qui accompagne entreprises et organisations dans leurs stratégies et projets numériques. Le CV indique que plus de cinquante clients seront accompagnés en cinq ans. L'entrepreneuriat n'arrive donc pas après une longue carrière salariée. Il se trouve presque au commencement.

Cette expérience lui vaut plusieurs reconnaissances : Jeune Entreprise Innovante de la Fondation Institut Mines-Télécom en 2009, Entrepreneur en Afrique de Campus France en 2011, puis une sélection parmi les 100 Innovations pour l'Afrique du ministère français des Affaires étrangères en 2013.

Du projet numérique à l'architecture des grandes organisations

Mais Amadou Sondé va parallèlement changer d'échelle. À partir de 2012, il intervient comme consultant indépendant sur des programmes complexes de transformation informatique. En 2014 et 2015, chez Gefco, il travaille comme architecte réseau et chef de projet international sur un environnement d'environ 250 sites. Il définit des architectures LAN, WAN, Wi-Fi et téléphonie IP et coordonne opérateurs, fournisseurs et équipes locales dans le cadre des déploiements internationaux.

Puis vient, en 2015, une mission avec Microsoft Consulting Services pour Schneider Electric.Cette fois, les chiffres changent encore de dimension : 8 datacenters. 120 000 utilisateurs. Amadou Sondé contribue aux architectures et au déploiement des environnements de production tout en assurant le pilotage des partenaires, des risques et des livrables.

À mesure que les infrastructures grandissent, son métier s'éloigne de la seule technique.Il faut coordonner. Arbitrer. Anticiper. Et surtout comprendre comment toutes les pièces d'un système d'information s'emboîtent.

Reconstruire le réseau d'un groupe international

Cette logique prend une autre ampleur avec Verallia. À partir de 2015, Amadou Sondé intervient sur la transformation du système d'information du groupe à la suite de sa séparation de Saint-Gobain et accompagne ensuite différentes évolutions internationales. Le périmètre mentionné dans son CV est considérable : 100 sites, 10 000 collaborateurs et un programme WAN de 5 millions d'euros.

Un WAN — Wide Area Network — est, pour simplifier, le réseau qui permet de relier entre eux les différents sites d'une organisation. Lorsqu'une entreprise possède des implantations dans plusieurs pays, ce réseau devient en quelque sorte son système circulatoire numérique. Les applications y transitent. Les collaborateurs y accèdent aux ressources. Les sites communiquent. Les données circulent. Amadou Sondé pilote la reconstruction de ce réseau international et contribue également aux infrastructures de datacenters sur site et dans AWS. Il intervient comme responsable réseau et sécurité et accompagne les filiales dans leur stratégie et leur organisation IT.

Puis NotPetya rappelle que tout peut s'arrêter

Dans les grandes organisations, la transformation numérique possède cependant son revers. Plus l'entreprise dépend de ses systèmes informatiques, plus leur indisponibilité devient critique. La cybersécurité entre donc naturellement dans le champ d'intervention d'Amadou Sondé. Son CV mentionne notamment sa contribution au cadre de cybersécurité du groupe après NotPetya, ainsi que le pilotage de sujets liés à l'audit informatique, aux risques et à la conformité.

À ce niveau, la cybersécurité n'est plus seulement une affaire d'antivirus ou de mots de passe. Elle devient une question de résilience de l'entreprise. Que se passe-t-il si une partie du système tombe ? Comment poursuivre les opérations ? Quelles fonctions faut-il rétablir en priorité ? Comment segmenter les réseaux pour limiter la propagation d'un incident ? Autrement dit : comment continuer à fonctionner lorsque le numérique, justement, ne fonctionne plus ?

Transformer, c'est aussi intégrer

Les systèmes d'information vivent également au rythme des entreprises elles-mêmes. Elles grandissent. Se séparent. Fusionnent. Achètent d'autres sociétés. Et derrière chaque opération économique apparaît un chantier informatique. Amadou Sondé intervient ainsi sur des projets de fusion-acquisition et d'intégration de systèmes d'information, notamment lors du Carve-In d'Allied Glass.

L'enjeu est immense. Lorsqu'une entreprise en absorbe une autre, il ne suffit pas de réunir les organigrammes. Il faut parfois connecter ou remplacer les réseaux, harmoniser les outils, intégrer les identités numériques, revoir la sécurité et permettre aux équipes de travailler ensemble. La technologie devient alors l'une des conditions concrètes de l'intégration économique.

Le Burkina dans le parcours

Cette expérience internationale ne coupe pas Amadou Sondé du Burkina Faso. Entre 2018 et 2019, il intervient comme consultant et architecte des systèmes d'information auprès du ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat. Il participe à l'élaboration du Schéma directeur du système d'information et de la trajectoire de digitalisation du ministère, ainsi qu'au développement de nouveaux services numériques. Le changement d'environnement est important. On passe des systèmes d'information de grands groupes internationaux à celui d'une administration publique burkinabè.

Mais la question de fond reste semblable : où sommes-nous, où voulons-nous aller et quelles transformations technologiques permettront d'y parvenir ? C'est précisément le rôle d'un schéma directeur informatique : éviter d'empiler des solutions au gré des besoins et construire plutôt une trajectoire cohérente.

2020 : parler d’intelligence artificielle aux étudiants burkinabè

Son implication au Burkina Faso ne passe cependant pas uniquement par les systèmes d’information des administrations. Elle prend aussi la forme de transmission et de mise en débat des transformations technologiques auprès de la nouvelle génération. Le 7 novembre 2020, à l’Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM) de Ouagadougou, Amadou Sondé anime une masterclass consacrée à un sujet qui n’avait pas encore envahi le débat public comme aujourd’hui : « Intelligence artificielle : nouvelles opportunités, nouveaux défis ».

Devant les étudiants, il revient sur l’évolution de l’intelligence artificielle et en présente des applications concrètes, notamment pour la productivité des entreprises, la relation client et l’aide à la décision. Mais il ne s’arrête pas aux promesses. Les échanges abordent aussi les effets possibles de l’automatisation sur certains métiers et la question de la protection des données personnelles.

L’épisode est révélateur de son rapport au Burkina : ramener dans le débat local des sujets technologiques qu’il côtoie dans ses activités internationales, les confronter aux réalités du pays et contribuer à préparer étudiants et futurs professionnels aux mutations qui s’annoncent.

Trois ans avant l’explosion mondiale de l’IA générative, cette intervention montrait déjà une préoccupation qui se retrouve aujourd’hui dans ses activités avec Doonya Labs : ne pas seulement adopter les technologies lorsqu’elles deviennent incontournables, mais aider les organisations et les talents à comprendre suffisamment tôt les changements qu’elles peuvent provoquer.

Des Caraïbes au « Cloud First »

Depuis 2023, une autre mission illustre cette dimension stratégique du métier. Amadou Sondé accompagne comme IT Transformation Lead et conseiller de DSI un groupe multi-sites opérant en Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Dominique. Il contribue à définir sa stratégie informatique et une trajectoire « Cloud First », à moderniser les réseaux LAN et WAN, à mettre en place une architecture SD-WAN, à piloter la migration vers Microsoft 365 et à travailler sur la stratégie ERP et le Digital Workplace.

Il intervient également sur le PRA et le PCA — les dispositifs qui permettent d'anticiper la reprise ou la continuité de l'activité en cas d'incident majeur. Encore une fois, le métier ne consiste pas simplement à acheter de nouvelles technologies. Il faut décider lesquelles, pourquoi, dans quel ordre et avec quelle organisation.

Revenir à l'entrepreneuriat avec Doonya Labs

En 2023, une autre boucle se referme. Quatorze ans après Doonya Technologies, Amadou Sondé revient à l'entrepreneuriat en cofondant Doonya Labs / Doonya Spaces, entre la France et le Burkina Faso. Cette fois, l'expérience accumulée sur les grands programmes internationaux rencontre les nouvelles frontières du numérique. Transformation digitale. Intelligence artificielle. Plateformes SaaS. Innovation. Entrepreneuriat.

Doonya Labs travaille notamment sur des stratégies de transformation et des feuilles de route informatiques pour des PME et des groupes multi-sites, ainsi que sur la conception de plateformes numériques, dont des solutions de gestion de projets et de paie multi-sociétés. La structure développe également des programmes de formation et d'accompagnement autour de l'intelligence artificielle, de l'innovation et de l'entrepreneuriat. Mais une dimension du projet mérite particulièrement l'attention : la création de partenariats technologiques et entrepreneuriaux entre l'Europe, l'Afrique et les diasporas.

Faire de la diaspora un pont technologique

Le parcours d'Amadou Sondé se déroule en grande partie entre plusieurs espaces. France. Burkina Faso. Afrique. International. Cette géographie professionnelle pourrait n'être qu'une succession de missions. Elle peut aussi devenir un avantage. Parce qu'un professionnel qui évolue entre plusieurs écosystèmes peut faire circuler davantage que son expertise. Il peut faire circuler des méthodes. Des expériences. Des technologies. Des opportunités. Des réseaux professionnels. Et éventuellement du capital entrepreneurial.

C'est précisément cette logique de pont que son activité actuelle cherche à structurer entre l'Europe, l'Afrique et ses diasporas. Le numérique devient alors lui-même un moyen de réduire les distances entre les écosystèmes.

De l'ingénieur au conseiller des décideurs

Il existe enfin une évolution moins visible dans son parcours. Au début, Amadou Sondé construit des solutions. Puis il conçoit des architectures. Ensuite, il dirige des programmes.Aujourd'hui, son CV le positionne également dans le CIO Advisory, autrement dit le conseil aux directeurs des systèmes d'information et aux dirigeants.

Ce passage est significatif. Plus on monte dans la transformation numérique d'une organisation, moins la question est uniquement technique. Faut-il migrer vers le cloud ? Que faut-il conserver sur site ? Quels risques peut-on accepter ? Comment organiser la gouvernance ? Quel investissement doit être prioritaire ? Comment intégrer l'intelligence artificielle sans multiplier les outils sans cohérence ? À ce niveau, l'ingénieur doit être capable de parler autant technologie que stratégie d'entreprise. Et c'est peut-être là que se trouve le fil rouge du parcours d'Amadou Sondé.

Transformer plutôt qu’empiler

Cloud. Datacenters. Cybersécurité. Intelligence artificielle. ERP. SaaS. SD-WAN. À lire un CV comme le sien, on pourrait facilement se perdre dans les acronymes. Mais la technologie n'est finalement que la surface. En dessous se trouve une question plus simple : comment une organisation change-t-elle sans perdre ce qui la fait fonctionner ? La transformation numérique ne consiste pas à remplacer chaque ancienne technologie par une nouvelle. Elle consiste à comprendre l'organisation, ses objectifs, ses risques et ses contraintes, puis à construire une trajectoire. C'est la différence entre accumuler des outils et transformer un système.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'Amadou Sondé porte plus de quinze années d'expérience dans des environnements où la transformation numérique se joue à grande échelle : réseaux internationaux, datacenters, cloud, cybersécurité, architecture d'entreprise et programmes multi-sites.

Parce qu'il a travaillé sur des systèmes allant de quelques centaines de sites à des environnements concernant jusqu'à 120 000 utilisateurs, tout en évoluant progressivement de l'architecture technique vers la direction de programmes et le conseil stratégique.

Parce que son parcours conserve une forte dimension entrepreneuriale, commencée dès 2009 et aujourd'hui prolongée avec Doonya Labs.

Parce qu'il a également mobilisé cette expérience au Burkina Faso, notamment dans la réflexion sur la transformation du système d'information du ministère chargé du Commerce.

Parce qu'il cherche aujourd'hui à créer des passerelles technologiques et entrepreneuriales entre l'Afrique, l'Europe et les diasporas.

Et parce que son itinéraire rappelle une réalité essentielle : la transformation numérique n'est pas une collection de technologies. C'est l'art de faire évoluer des organisations, des infrastructures et des usages de manière cohérente — sans perdre de vue ce que la technologie est censée permettre.

www.lefasodigital.net

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