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Les 100 Visages du Burkina Digital : Clément Bassolé, du community management à la stratégie, dix ans pour faire du digital un métier

Publié le 05 octobre 2026 par Jacques Sawadogo

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Clément Bassolé, du community management à la stratégie, dix ans pour faire du digital un métier

À moins de 12 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, zoom sur Clément Bassolé, chef de Service Digital à BRAKINA/SODIBO, formateur en marketing et communication digitale et télépilote professionnel de drone, dont le parcours raconte une décennie de transformation des métiers de la communication au Burkina Faso : de l'animation des premières communautés de marques à la stratégie digitale, au marketing d'influence, à la mesure de la performance et aujourd'hui à l'intelligence artificielle et à la production d'images aériennes.

Une page Facebook peut compter des milliers d'abonnés et ne générer presque aucune relation avec ses clients. Une entreprise peut publier chaque jour et rester invisible. Une marque peut dépenser beaucoup d'argent en publicité sans véritablement savoir à qui elle parle. Clément Bassolé le répète à sa manière sur les réseaux sociaux : le digital n'est pas d'abord une affaire de publications. C'est une affaire de stratégie, de connaissance du public et de cohérence.

Dans l'un de ses contenus consacrés aux petits commerces burkinabè, il insiste sur des choses qui paraissent presque banales : répondre rapidement à un client, afficher un numéro réellement joignable, faire circuler correctement l'information entre Messenger et WhatsApp, montrer des photographies authentiques des produits et tenir ses stocks à jour.

Pas de grandes théories. Du terrain. Car derrière les algorithmes, il y a toujours un client. Et derrière le client, une relation humaine. Cette philosophie résume assez bien le parcours de Clément Bassolé.

2014 : lorsque les métiers du digital cherchent encore leur place

Son parcours professionnel documenté commence en 2014. Clément Bassolé cofonde alors Geomancy 3.0, une agence spécialisée en e-communication et marketing digital. Il intervient comme consultant et formateur auprès d'institutions publiques et privées, analyse les besoins de ses clients, propose des solutions et assure leur accompagnement. Son CV mentionne également des missions de conseil auprès d'artistes comme Alif Naaba, Amzy et Patrick Kabré, ainsi que d'entreprises et organisations telles que Wakat, VADAE et Africa Études Architecture.

Nous sommes dans une période où Facebook prend une place croissante dans la communication des organisations burkinabè. Les entreprises commencent à comprendre qu'elles doivent être présentes sur Internet. Mais entre « avoir une page » et disposer d'une véritable stratégie numérique, il existe encore un fossé. Clément Bassolé choisit précisément de travailler dans cet espace.

De La Voix du Faso aux médias audiovisuels

Entre 2015 et 2016, il devient community manager de La Voix du Faso. Il assure la gestion éditoriale et l'animation des réseaux sociaux du média. L'année suivante, il rejoint Tam-Tam Groupe Presse, qui rassemble notamment WAT FM, 3TV et Tam-Tam Productions. Son rôle s'élargit. Il anime les plateformes numériques, mais travaille également comme photographe et infographe. Il traite et retouche des images, réalise des reportages photographiques et couvre des événements officiels.

Cette étape est importante pour comprendre la suite. Avant de devenir stratège digital, Clément Bassolé apprend à fabriquer du contenu. Il connaît la contrainte d'une photographie à produire rapidement. Le texte à publier. L'image à retoucher. La communauté à animer. Le commentaire auquel il faut répondre.

Cette expérience opérationnelle lui donnera plus tard une lecture différente du management digital : derrière une stratégie se trouvent toujours des personnes qui doivent concrètement produire, publier, répondre et mesurer.

2017 : entrer chez BRAKINA/SODIBO par le digital

En 2017, Clément Bassolé rejoint BRAKINA/SODIBO comme chargé de la communication digitale. Il participe à la conception et au déploiement des supports numériques des marques et assure une veille sur les nouveaux usages et les nouvelles plateformes. Des archives publiques de son travail permettent de mesurer la nature du chantier. Un rapport digital publié sous son nom en 2018 présente notamment la présence numérique de plusieurs marques de l'entreprise et des perspectives de développement pour leurs pages et sites Internet. Prezi

Le digital entre progressivement dans la mécanique marketing d'une grande entreprise. Il ne s'agit plus uniquement de publier quelques visuels. Les marques doivent construire des communautés, surveiller leur réputation, produire des contenus adaptés à chaque plateforme et comprendre ce qui fonctionne. Pour Clément Bassolé, cette entreprise deviendra une véritable école professionnelle.

{{Du community management au management digital}}

En 2018, il devient Digital Manager de BRAKINA/SODIBO. Il prend en charge le community management, l'e-réputation et le développement des communautés numériques des marques. Une autre dimension prend alors de l'importance : le marketing d'influence. Son CV indique qu'il contribue à mettre en place des partenariats avec plus de cent blogueurs et e-influenceurs. Ce chiffre raconte aussi l'évolution de l'écosystème numérique burkinabè.

Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, de nouvelles personnalités acquièrent la capacité de fédérer des communautés importantes. Les marques ne communiquent plus seulement à travers la télévision, la radio, l'affichage ou leurs propres pages. Elles doivent apprendre à travailler avec des créateurs de contenus et des influenceurs qui disposent de leur propre langage et de leur propre audience. Le métier change. Le responsable digital devient aussi organisateur d'un écosystème.

Parler à une cible plutôt qu'à tout le monde

Cette évolution apparaît dans les réflexions que Clément Bassolé partage lui-même sur LinkedIn. Dans une publication consacrée à la communication numérique, il critique les contenus génériques publiés sans stratégie et insiste sur la nécessité de réaliser un audit, de définir un plan d'acquisition, de choisir précisément sa cible et de parler dans ses codes.

Cette approche constitue l'une des différences essentielles entre communication traditionnelle et marketing digital. Sur Internet, il est possible de mesurer. Qui a vu un contenu ? Qui a interagi ? Quel canal fonctionne ? Quelle campagne produit un résultat ?

Le CV de Clément Bassolé mentionne d'ailleurs parmi ses compétences la stratégie digitale, les tableaux de bord de performance, les KPIs, le content marketing, le référencement, l'e-commerce et le Web Analytics. Le digital devient alors moins une affaire d'intuition qu'un cycle permanent : concevoir, publier, mesurer, comprendre et recommencer.

2023 : prendre la tête du Service digital

En 2023, Clément Bassolé franchit une nouvelle étape en devenant chef de Service Digital de BRAKINA/SODIBO. Il coordonne désormais une équipe de quatre personnes et pilote la stratégie digitale globale ainsi que l'e-réputation d'un portefeuille de 56 produits. Son périmètre couvre les sites Internet, les réseaux sociaux, WhatsApp et l'application mobile, avec également un community management en français et en anglais. Il définit les indicateurs de performance et rend compte des activités à la direction.

Le changement de fonction raconte bien la transformation du métier. En 2015, Clément Bassolé anime lui-même les réseaux sociaux d'un média. Huit ans plus tard, il dirige une équipe, suit des dizaines de produits et présente des indicateurs à une direction d'entreprise. Le digital a changé de place dans l'organisation. Lui aussi. Un portrait professionnel publié en juillet 2026 le présente d'ailleurs comme l'un des acteurs de la stratégie digitale de BRAKINA/SODIBO et retrace cette progression jusqu'à la fonction de chef de Service Digital.

Dix ans dans la même maison, mais pas dans le même métier

Sur son propre compte LinkedIn, Clément Bassolé a récemment consacré un long message à ses dix années au sein de BRAKINA. Ce qu'il en retient est moins une succession de postes qu'un apprentissage : les erreurs, les corrections, les moments de pression, les personnes rencontrées et les responsabilités progressivement assumées. Il évoque également l'envers du décor : les soirées, week-ends, déplacements et urgences qu'exigent parfois les métiers de la communication.

Ce témoignage permet d'humaniser un parcours que le CV présente nécessairement sous forme de dates et de fonctions. Une décennie professionnelle n'est jamais une ligne droite. Elle est faite de campagnes réussies et d'autres qu'il faut corriger. De plateformes qui apparaissent. D'algorithmes qui changent. De nouvelles habitudes des consommateurs. Et d'une obligation presque permanente de réapprendre son propre métier.

Retourner à l'école pour comprendre l'entreprise

Clément Bassolé accompagne cette progression professionnelle par une formation continue. Après une licence professionnelle en communication des institutions et des organisations obtenue à l'Université Aube Nouvelle en 2015, il suit entre 2017 et 2018 une formation de Digital Marketing Manager auprès de Big Five Paris, à Casablanca et Addis-Abeba. En 2023, il obtient un Master exécutif en E-business et marketing digital à HEC Maroc. Puis il élargit encore son horizon.

En 2024-2025, il suit un Executive MBA en Advanced Management à HEC Montréal, abordant notamment la finance pour non-financiers, le management d'équipe, la gestion de projet et le futur de l'entreprise. Son CV mentionne également une simulation stratégique GlobStrat en 2025. Sur LinkedIn, il explique que cette expérience lui a permis de renforcer ses compétences en stratégie, gestion d'entreprise et prise de décision.

L'évolution est cohérente. À mesure qu'il prend des responsabilités, la question n'est plus uniquement : « Comment réussir une campagne ? » Elle devient : « Comment le digital contribue-t-il à la stratégie globale de l'entreprise ? »

Le formateur : transmettre ce que le terrain lui a appris

Depuis 2022, Clément Bassolé enseigne également. Il dispense des cours en marketing digital, community management et stratégie de communication, en s'appuyant notamment sur des cas pratiques issus de son expérience professionnelle. Cette dimension de transmission occupe une place importante dans son profil. Elle ne commence d'ailleurs pas avec l'enseignement supérieur. Dès ses premières années comme consultant, il forme des institutions et des professionnels à la communication digitale. Une publication LinkedIn datant de plusieurs années le montre également dans une activité de partage de connaissances avec l'équipe marketing et commerciale de la Télévision nationale RTB.

Transmettre l'expérience du terrain permet de réduire la distance entre la théorie et la réalité des organisations burkinabè. Car une stratégie enseignée dans un manuel international ne peut pas toujours être appliquée telle quelle à Ouagadougou. Les habitudes de consommation, les moyens de paiement, la qualité des connexions, les langues et les usages des plateformes ont leur importance.

« Le digital au Faso » : partir des usages réels

C'est probablement dans ses publications personnelles que cette approche locale apparaît le mieux. Pour les petits commerces, Clément Bassolé recommande par exemple une continuité entre Facebook et WhatsApp Business, deux outils qui interviennent souvent à différents moments de la même relation commerciale. Il insiste également sur l'authenticité des photographies de produits et sur la nécessité d'actualiser les informations de disponibilité.

Ce discours est intéressant parce qu'il ramène le marketing digital à des réalités simples. Un commerçant n'a pas forcément besoin de la technologie la plus sophistiquée. Il doit d'abord être joignable. Répondre. Tenir ses promesses. Présenter honnêtement son produit. Comprendre comment ses clients communiquent. Dans cette vision, le digital n'efface pas le commerce traditionnel. Il en prolonge certains fondamentaux dans un nouvel espace.

L'intelligence artificielle entre dans la boîte à outils

Le métier continue cependant d'évoluer. Le CV de Clément Bassolé mentionne une certification en intelligence artificielle délivrée par Unow Paris. Son profil LinkedIn public fait également apparaître un parcours « IA et communication » obtenu en septembre 2025.

En 2026, une publication publique montre par ailleurs l'équipe digitale de BRAKINA engagée dans une formation portant sur l'intelligence artificielle générative appliquée à la création de contenus, mais aussi sur la photographie et la vidéo. L'enjeu n'est plus seulement de savoir utiliser Facebook, Instagram ou TikTok. Les professionnels de la communication doivent désormais comprendre comment l'IA peut intervenir dans l'idéation, la création, l'analyse ou la productivité, tout en conservant la cohérence et l'identité des marques. Pour quelqu'un qui travaille dans le digital depuis plus d'une décennie, c'est une nouvelle transformation à absorber.

Du Photoshop au ciel : le virage du drone

Et puis, en 2026, une nouvelle compétence apparaît sur son CV. Clément Bassolé obtient auprès de l'Agence nationale de l'aviation civile du Burkina Faso une licence de télépilote professionnel de drone. La formation porte sur la réglementation aéronautique, la météorologie, la navigation, la radiotéléphonie, la préparation des vols, la sécurité des opérations UAS et la prise de vue aérienne. Un contenu public de Lwili Drone Solutions le présente également parmi ses stagiaires formés au pilotage et souligne la réalisation par Clément Bassolé d'une vidéo promotionnelle pour la structure.

Cette nouvelle compétence constitue presque un clin d'œil à ses débuts. En 2016, il travaillait comme photographe et infographe. Dix ans plus tard, l'image reste présente. Seulement, la caméra peut désormais voler. Le drone ajoute de nouvelles possibilités à la communication : montrer un événement autrement, valoriser un site, réaliser des plans impossibles à obtenir depuis le sol. Mais son usage professionnel suppose également réglementation et sécurité. Clément Bassolé ne quitte donc pas son métier. Il agrandit sa boîte à outils.

Un parcours qui accompagne l'évolution du digital burkinabè

Ce qui rend son parcours intéressant pour les 100 Visages du Burkina Digital, ce n'est pas l'invention d'une technologie révolutionnaire. C'est autre chose. Clément Bassolé appartient à cette génération qui a dû transformer le digital en véritable métier. Il a connu le temps où le community manager devait encore expliquer son rôle. Puis celui où les marques ont commencé à bâtir leurs communautés. Il a vu apparaître les influenceurs comme partenaires des entreprises. Il est passé de la publication aux KPIs, de l'animation à l'e-réputation, de l'exécution au management.

Aujourd'hui arrivent l'intelligence artificielle, de nouveaux formats vidéo et les drones. Et demain, d'autres outils obligeront encore les professionnels à apprendre. La constance n'est donc pas la technologie. C'est la capacité à évoluer avec elle.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce que Clément Bassolé appartient à une génération de professionnels qui a contribué à faire passer la communication digitale burkinabè de l'expérimentation à une fonction structurée dans les organisations.

Parce qu'il a commencé au contact direct des contenus et des communautés, comme consultant, community manager, photographe et infographe, avant d'évoluer vers des responsabilités stratégiques.

Parce que son parcours chez BRAKINA/SODIBO illustre la montée en puissance du digital dans une grande entreprise : communication numérique, gestion des communautés, e-réputation, marketing d'influence, pilotage d'équipe et mesure de la performance.

Parce qu'il transmet depuis plusieurs années ses connaissances à des étudiants, des professionnels et des organisations.

Et parce que son itinéraire raconte quelque chose de plus grand que sa propre carrière : en une décennie, le digital au Burkina Faso est passé de quelques pages à animer à des écosystèmes de marques, de données, d'influenceurs, de contenus, d'applications et désormais d'intelligence artificielle. Avec Clément Bassolé, le Burkina numérique raconte aussi l'histoire de ceux qui ont grandi avec les réseaux sociaux et qui, à mesure que les plateformes changeaient, ont contribué à transformer le clic, l'image et la conversation en véritables métiers de stratégie.

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