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Les 100 Visages du Burkina Digital : Cyrille Bado, rendre visibles les talents et les ambitions de l’Afrique

Publié le 13 octobre 2026 par Kevin Bado

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Cyrille Bado, rendre visibles les talents et les ambitions de l’Afrique

À 5 jours de l’ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Aujourd’hui, nous mettons à l’honneur Toupia Jean Cyrille Bado, entrepreneur burkinabè, spécialiste du branding intégré et de la communication d’influence, aujourd’hui directeur de la communication et des relations publiques de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » en Côte d’Ivoire. Depuis plus de dix-sept ans, il met la création visuelle, la communication digitale et la stratégie de marque au service d’une ambition : donner davantage de visibilité aux talents, aux institutions et aux territoires africains.

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Une personne peut posséder un talent exceptionnel et demeurer inconnue. Une entreprise peut proposer un produit de qualité sans parvenir à trouver son public. Un territoire peut disposer de ressources remarquables sans réussir à attirer l’attention des investisseurs ou des visiteurs.

À l’ère numérique, être compétent ne garantit pas d’être visible. Et être visible ne suffit pas à inspirer confiance.

Entre ces deux réalités se trouve un métier : construire une image, raconter une histoire et donner à une personne ou à une organisation les moyens de faire reconnaître sa valeur.

C’est dans cet univers que Cyrille Bado a choisi de faire carrière.

Son parcours commence pourtant loin des stratégies d’influence et des grands rendez-vous internationaux.

Toupia, Jean, Cyrille : trois prénoms, une histoire

Dans sa biographie, Cyrille Bado accorde une place particulière à ses origines. Toupia est le prénom traditionnel que lui a donné son grand-père. Selon le récit familial, il signifie « celui qui est venu chercher, apporter quelque chose à l’humanité ». Jean est son prénom de baptême, hérité du deuxième prénom de son père, Jean Paul. Cyrille est le prénom sous lequel il est généralement connu dans sa vie professionnelle.

Né à Maféré, en Côte d’Ivoire, de nationalité burkinabè, il poursuit une partie de ses études à Ouagadougou. Après un baccalauréat littéraire obtenu en 2004 au lycée moderne d’Aboisso, il étudie les lettres modernes et l’anglais à l’Université de Ouagadougou, où il obtient un DEUG II en 2009. Une formation qui lui donne le goût des mots, des récits et de la communication, avant même qu’il ne fasse du design son métier.

Le graphisme, une passion apprise en autodidacte

Cyrille Bado n’a pas suivi de cursus universitaire spécialisé en graphisme. Il apprend par lui-même. En février 2007, il commence sa carrière comme assistant graphiste chez Signature SARL, à Ouagadougou. Deux ans plus tard, il devient directeur artistique chez Wastiaux Corporate SA, une agence de conseil en communication. Il y travaille jusqu’en mars 2010.

Ces premières années lui permettent de comprendre que le design ne consiste pas simplement à choisir de belles couleurs ou à produire un logo. Une identité visuelle doit traduire une personnalité, une activité ou une ambition. Elle doit être reconnaissable, cohérente et adaptée à ses publics. Avec le développement des outils numériques, cette compétence devient particulièrement importante. Les entreprises doivent désormais exister simultanément sur leurs supports imprimés, leurs sites Internet, les réseaux sociaux et les plateformes de communication. L’image de marque devient un langage commun à tous ces espaces.

2010 : Armonik Vizion, le premier pari entrepreneurial

En 2010, Cyrille Bado fonde Armonik Vizion, également connue sous le nom d’AVI Group, une agence de conseil en communication et de production visuelle. Sa biographie situe cette création peu après le décès de sa mère, Monique, un événement personnel qu’il présente comme un moment déterminant de son parcours.

L’agence se spécialise dans la valorisation des marques, des talents et des territoires africains par le design et la stratégie. Cyrille Bado développe parallèlement des collaborations dans le graphisme et la direction artistique, notamment avec plusieurs agences de communication burkinabè.

Au fil des missions, son métier évolue. Il ne s’agit plus seulement de concevoir des supports visuels, mais d’accompagner les organisations dans la manière dont elles souhaitent être perçues. Une transition qui le conduira progressivement vers le branding, autrement dit la construction et la gestion d’une image de marque.

Faire de la visibilité une véritable stratégie

À partir de décembre 2020, Cyrille Bado développe Brand Performer, un cabinet panafricain de conseil en stratégie d’image et en branding intégré, présent à Ouagadougou et à Abidjan.

Il accompagne des dirigeants, des personnalités publiques, des entreprises et des institutions.

Son CV mentionne notamment des références telles que l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso, Coris Bank, Coris Assurances, Ethiopian Airlines, la RTB et BF1.

Le branding intégré consiste à harmoniser les différentes dimensions de l’image d’une organisation : identité visuelle, discours, présence numérique, relations avec les médias et communication événementielle. L’objectif est d’éviter qu’une entreprise présente un visage différent sur chaque canal.

Pour Cyrille Bado, la visibilité doit aussi servir une ambition plus profonde. Il résume cette philosophie dans sa biographie : « On ne devient pas une référence en se rendant visible. On devient une référence en rendant visible ce pour quoi on se bat. » Cette formule constitue le fil conducteur de son parcours.

Le numérique comme amplificateur des talents

Dans un environnement dominé par les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et les plateformes vidéo, la réputation se construit désormais en grande partie en ligne. Mais disposer d’une page Facebook ou d’un compte LinkedIn ne suffit pas. Encore faut-il savoir présenter ses compétences, identifier son public, construire un discours cohérent et produire des contenus adaptés. C’est l’un des domaines dans lesquels Cyrille Bado intervient comme formateur.

Entre 2015 et 2023, il dispense des formations en art oratoire, leadership, développement personnel, graphisme, marque personnelle et communication digitale, notamment auprès d’institutions, d’entreprises et d’organisations de la société civile. Il enseigne également les techniques d’édition et le design graphique à l’Université Joseph Ki-Zerbo et à l’ISTIC entre 2015 et 2018. Son approche associe ainsi les compétences numériques à des aptitudes humaines : savoir prendre la parole, présenter ses idées et défendre un projet.

Le FAFEL : donner une scène aux femmes leaders

L’engagement de Cyrille Bado en faveur du leadership féminin occupe une place importante dans sa trajectoire. En 2017, il fonde le Forum africain des femmes leaders, le FAFEL. Selon son CV, les quatre éditions organisées ont réuni plus de 2 000 participantes issues de quinze pays africains et distingué une trentaine de femmes pour leurs parcours et leurs contributions.

À travers cette initiative, Cyrille Bado cherche à créer des espaces de rencontre, de formation et de reconnaissance pour les femmes.

Il développe également la Woman Performance Day, organisée notamment à Abidjan en 2021 et à Ouagadougou en 2023, autour du leadership et de la gestion de l’image personnelle. Le lien avec le numérique est direct. Les plateformes digitales permettent à une entrepreneure, une chercheuse ou une dirigeante de faire connaître ses réalisations au-delà de son environnement immédiat. Mais cette visibilité doit s’accompagner de compétences et d’une stratégie.

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De Ouagadougou aux missions internationales

Progressivement, l’expertise de Cyrille Bado lui ouvre les portes de missions internationales. En 2022, il intervient dans la communication du dixième anniversaire du Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire, le COCOFCI, un événement qui rassemble, selon son CV, plus de 1 650 personnes. En 2023, il accompagne le gouvernement centrafricain dans la stratégie de communication du Mois du Travail. Il participe à la formation de plus de 430 cadres et jeunes et contribue notamment à l’organisation de la conférence nationale « Jeune Fille Centrafricaine : Digitalise-Toi ».

Son CV mentionne également sa contribution à la rédaction d’une politique de digitalisation pour l’Agence centrafricaine pour la formation professionnelle et l’emploi. Cette expérience marque un élargissement de son champ d’action. La communication ne sert plus uniquement à promouvoir une entreprise ou une personnalité. Elle accompagne aussi des programmes institutionnels et des initiatives de développement.

2024 : la communication au service de la CUEFPOD

En septembre 2024, Cyrille Bado devient directeur de la communication et des relations publiques de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions », la CUEFPOD, basée à Abidjan. Il travaille sous l’autorité de sa titulaire, Euphrasie Kouassi Yao.

Sa mission consiste à concevoir et à piloter la stratégie de communication, d’influence et de rayonnement international de la Chaire et de ses programmes.

Il intervient notamment dans la valorisation d’initiatives consacrées au leadership féminin, à l’égalité des chances, à la paix et à la gestion durable de l’eau. Dès septembre 2024, il coordonne la communication et l’organisation de la présentation officielle du rapport SIGI 2023 de l’OCDE en Côte d’Ivoire, un événement réunissant plus de 850 participants selon son CV.

En juin 2025, il dirige la communication du lancement du réseau ADWIN (African and Afrodescendant Women Network), qui rassemble plus de 1 600 participants à Abidjan. Il représente également la titulaire de la Chaire à Superwoman Paris et participe à une consultation de l’AUDA-NEPAD sur la masculinité positive, à Lusaka.

À travers ces missions, il met son expérience du design, des médias, de la communication numérique et de l’événementiel au service d’un plaidoyer institutionnel.

Quand le branding s’intéresse aux territoires

Une autre dimension de son parcours concerne le marketing territorial. Cette discipline consiste à construire et à promouvoir l’identité d’une ville, d’une région ou d’un pays afin de mieux valoriser ses atouts auprès des habitants, des investisseurs, des entreprises ou des visiteurs.

En 2024, Cyrille Bado intervient comme conférencier invité à Africa Place Marketing, à Casablanca, devant un public annoncé de 750 personnes. Il y reçoit une distinction spéciale pour sa contribution à la valorisation des territoires africains.

En 2025, il complète son expertise par une spécialisation en attractivité et marketing territorial certifié par l’ENA à l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin. À l’ère numérique, les territoires sont eux aussi en concurrence pour attirer l’attention. Leurs histoires, leurs talents, leurs entreprises et leurs ressources doivent pouvoir être présentés sur des supports accessibles à l’échelle internationale. Pour Cyrille Bado, la stratégie de marque devient ainsi un instrument de valorisation du potentiel africain.

Un parcours entre création, influence et engagement

Le parcours de Cyrille Bado ne correspond pas à celui d’un ingénieur informatique ou d’un développeur. Sa contribution au numérique se situe dans les usages : le design graphique, la communication digitale, la construction des identités de marque et la diffusion des contenus.

Il s’intéresse à la manière dont les outils numériques peuvent accroître la portée d’une idée, d’un projet ou d’une cause. Cette orientation lui a permis de passer du travail de graphiste à l’entrepreneuriat, puis au conseil stratégique et à la communication institutionnelle internationale. Elle lui a également valu plusieurs distinctions liées à son engagement en faveur de l’égalité des chances, notamment des trophées HeForShe reçus à Lomé, Kigali et Abidjan entre 2019 et 2023. Mais son histoire conserve une constante : la volonté de donner davantage de visibilité aux personnes et aux initiatives dont il accompagne le développement.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce que Cyrille Bado incarne une dimension essentielle de l’écosystème numérique : la capacité à utiliser les outils de communication pour valoriser les talents, les entreprises et les institutions.

Parce que son parcours d’autodidacte, devenu directeur artistique puis entrepreneur, montre que les métiers du digital offrent aussi des perspectives à ceux qui viennent des lettres, de la création et de la communication.

Parce qu’avec le FAFEL et la Woman Performance Day, il a créé des espaces consacrés à la reconnaissance et au développement des compétences des femmes leaders africaines.

Parce qu’il met aujourd’hui son expertise au service de la CUEFPOD, dont les programmes portent notamment sur l’égalité des chances, le leadership féminin et la paix.

Et parce que son intérêt pour le marketing territorial ouvre une autre perspective pour le Burkina Faso : mieux raconter ses territoires, valoriser leurs ressources et faire connaître leurs talents à travers les outils de communication contemporains.

Avec Cyrille Bado, le Burkina numérique ne se contente pas de créer des technologies. Il apprend aussi à raconter ses réussites, à révéler ses talents et à faire rayonner ses ambitions au-delà de ses frontières.

www.lefasodigital.net

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