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Les 100 Visages du Burkina Digital : Lamoussa Oualbéogo, une carrière au service des télécommunications et de la régulation numérique du Burkina Faso

Publié le 08 septembre 2026 par Kevin Bado

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Lamoussa Oualbéogo, une carrière au service des télécommunications et de la régulation numérique du Burkina Faso

À 39 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Aujourd'hui, nous mettons en lumière Lamoussa Oualbéogo, ingénieur des télécommunications, dont le parcours de plus de trois décennies épouse presque toute l'histoire de la modernisation des télécommunications et de la régulation du numérique au Burkina Faso.

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Le développement du numérique burkinabè ne s'est pas construit en un jour. Il est le fruit d'un travail patient de bâtisseurs de réseaux, de rédacteurs de lois et de régulateurs qui ont su accompagner, texte après texte et infrastructure après infrastructure, la transformation du secteur des communications électroniques. Lamoussa Oualbéogo fait partie de ces artisans discrets mais déterminants.

Ingénieur des télécommunications, ancien Secrétaire général de deux ministères en charge du numérique et aujourd'hui Chargé d'études du Secrétaire exécutif de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), il a traversé, en acteur de premier plan, toutes les grandes étapes de l'histoire numérique du pays.

Une formation d'ingénieur, entre l'Afrique et la France

Né le 31 décembre 1966 à Thyou, dans la province du Boulkiemdé, Lamoussa Oualbéogo obtient son Baccalauréat série C au Lycée scientifique de Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, en 1987. Il poursuit ses études à l'Université de Ouagadougou, où il décroche un DEUG Maths-Physique en 1989 puis une Licence de Physique en 1990, avant de rejoindre l'Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne, en France, d'où il sort diplômé Ingénieur des télécommunications en 1994.

Cette formation, à la croisée de l'électronique, des mathématiques appliquées, de l'informatique et des télécommunications, lui donne très tôt une vision d'ensemble des enjeux techniques qui façonneront sa carrière : transmission, commutation, réseaux d'accès, réseaux cellulaires, réseaux satellitaires et réseaux IP.

Aux origines du GSM burkinabè

Sa carrière débute en 1994 à l'ONATEL, à la Direction de la Production et de la Maintenance, où il travaille à l'élaboration d'un document de base sur la mise en œuvre du GSM au Burkina Faso. De 1996 à 2001, il devient Chef du Département ingénierie à la Direction des Etudes et de la Planification, en charge des études d'ingénierie des équipements de télécommunications et de l'analyse des offres techniques.

C'est à ce titre qu'il prend la direction, de 1996 à 2000, du projet de mise en place du tout premier réseau cellulaire mobile numérique GSM du Burkina Faso, un jalon fondateur pour les télécommunications du pays.

À la tête de l'informatique et des nouvelles technologies de l'ONATEL

De 2002 à 2005, il est nommé Directeur de l'Informatique et des Nouvelles Technologies de l'ONATEL. Sous sa direction, l'entreprise déploie ses premiers projets pilotes ADSL et WIFI prépayés, élabore avec l'appui du cabinet PMC son schéma directeur informatique et des systèmes d'information, modernise et étend son réseau Internet, et initie la mise en œuvre d'un réseau IP haut débit ainsi que de solutions de convergence voix-données pour les entreprises.

Il occupe ensuite, entre 2005 et 2006, un poste au sein de la Direction de l'International et des Interconnexions, chargé des relations techniques de l'ONATEL avec les opérateurs internationaux acheminant du trafic vers le Burkina Faso.

Artisan des grandes réformes juridiques et institutionnelles du secteur

En 2006, Lamoussa Oualbéogo est nommé Secrétaire général du Ministère des Postes et des Technologies de l'Information et de la Communication, fonction qu'il occupe jusqu'en 2011. Il contribue durant cette période à la mise en place d'un cadre institutionnel et juridique déterminant pour le secteur, à travers l'élaboration de textes fondateurs : la loi n°061-2008/AN portant réglementation générale des réseaux et services de communications électroniques, la cyberlégislation, ainsi que la création de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et de l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC).

De 2013 à avril 2016, il occupe à nouveau les fonctions de Secrétaire général, cette fois au Ministère du Développement de l'Economie Numérique et des Postes. Il y pilote l'élaboration de la politique sectorielle 2016-2020 du secteur, adoptée selon un processus participatif, ainsi que plusieurs textes législatifs majeurs, dont la loi sur les services et transactions électroniques et la loi sur l'enregistrement des noms de domaine sous le « .bf ». Il accompagne également la mise en place de plusieurs institutions clés, parmi lesquelles l'ARCEP, l'ANPTIC et la Commission de l'informatique et des libertés (CIL).

Sur le plan des infrastructures, il coordonne la signature du contrat de réalisation du réseau dorsal national de télécommunications (Backbone), la convention de don avec la Banque mondiale pour le Projet régional des infrastructures de communication électronique en Afrique de l'Ouest (PRICAO-BF), la mise en place du G-Cloud au profit de l'administration et du secteur privé, ainsi que l'extension du Réseau informatique national de l'administration (RESINA). Il pilote aussi l'élaboration de trois cyberstratégies sectorielles — e-gouvernement, e-éducation et e-commerce — destinées à intégrer progressivement les TIC dans les processus socio-économiques du pays.

Son action se traduit également par des initiatives de diffusion des usages numériques : l'organisation annuelle de la Semaine nationale de l'Internet, qui a formé plus de soixante-dix mille personnes en dix éditions, l'organisation du Forum panafricain de partage des meilleures pratiques TIC avec Microsoft et l'Union européenne, un centre de formation en TIC dédié aux personnes malvoyantes en partenariat avec l'UIT, ou encore les premières Assises nationales sur l'économie numérique, tenues en novembre 2015.

Une voix du Burkina Faso dans la gouvernance mondiale de l'Internet

De 2008 à 2016, Lamoussa Oualbéogo représente le Burkina Faso au sein du Comité Consultatif des Gouvernements (GAC) de l'ICANN, l'organisme international en charge de la gestion des ressources critiques de l'Internet. Il participe par ailleurs activement, depuis décembre 2000, aux travaux des Groupes d'études de l'UIT-BDT, et intervient comme expert de l'UIT sur plusieurs sujets, dont la téléphonie sur IP (VoIP) et la formation des opérateurs télécoms de la zone Liptako-Gourma.

Une expertise mise au service de la régulation

Après avoir présidé, de 2014 à juin 2016, le Conseil d'administration de l'ANPTIC, Lamoussa Oualbéogo rejoint l'ARCEP en juin 2016 comme Ingénieur télécoms, avant de devenir, depuis mars 2022, Chargé d'études du Secrétaire exécutif de l'Autorité. Il y préside notamment le comité d'organisation de la Conférence Africaine sur la Régulation de l'Economie Numérique (CAREN) 2018, coordonne l'élaboration du plan de formation 2019-2022 de l'institution et copilote la mise en œuvre de son système de management de la qualité ISO 9001.

Soucieux de faire évoluer son expertise avec les mutations du secteur, il complète ce riche parcours par un Master en régulation de l'économie numérique avec Télécom ParisTech, obtenu en 2022 avec mention honorable, sur le thème des perspectives de fourniture des services de télécommunication dans les zones d'insécurité au Burkina Faso — une question plus que jamais d'actualité.

Des distinctions à la mesure de l'engagement

Le parcours de Lamoussa Oualbéogo a été reconnu à plusieurs reprises par la Nation : Chevalier de l'Ordre National depuis 2009, Chevalier de l'Ordre du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication (agrafe Communication) en 2014, puis Officier de l'Ordre National depuis décembre 2015.

Une vision d'un secteur numérique régulé, souverain et résilient

Le parcours de Lamoussa Oualbéogo illustre une conviction : le développement du numérique ne se limite ni aux réseaux ni aux équipements, il se construit tout autant par les lois qui l'encadrent, les institutions qui le régulent et les hommes qui portent, sur la durée, cette vision d'ensemble. De l'introduction du GSM au Burkina Faso à la régulation de l'économie numérique d'aujourd'hui, il aura accompagné, à chaque étape, la structuration d'un secteur devenu stratégique pour le pays.

Cette trajectoire rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui fait de la régulation, de la souveraineté numérique et de la résilience des infrastructures des piliers du développement numérique du Burkina Faso.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'il a été aux commandes techniques du tout premier réseau GSM du Burkina Faso.

Parce qu'il a contribué, comme Secrétaire général, à l'élaboration des lois et des institutions qui structurent encore aujourd'hui le secteur des communications électroniques, dont l'ARCEP elle-même.

Parce qu'il a porté pendant huit ans la voix du Burkina Faso au sein du Comité Consultatif des Gouvernements de l'ICANN.

Parce qu'il continue, à l'ARCEP, de mettre son expertise au service d'une régulation moderne et de qualité du secteur numérique.

Et parce que son parcours rappelle qu'un secteur numérique solide se bâtit dans la durée, à travers les réseaux, les lois et les institutions qui en garantissent le développement.

www.lefasodigital.net

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