Les 100 Visages du Burkina Digital : Richard ANAGO, trente ans au service de la diplomatie des télécommunications
A moins de 100 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons en lumière Richard ANAGO, ingénieur des télécommunications, dont plus de trente ans de carrière ont porté la voix du Burkina Faso dans les grandes instances internationales du secteur, avant de le conduire, depuis décembre 2024, au sein même de l'Union internationale des télécommunications - UIT.

Le développement des télécommunications ne se joue pas seulement dans les salles de machines ou les cahiers des charges techniques : il se joue aussi dans les négociations internationales, où se définissent les normes, les ressources fréquentielles et les grandes orientations qui structurent le développement du secteur pour des décennies. Richard ANAGO a consacré l'essentiel de sa carrière à cette diplomatie technique, représentant le Burkina Faso dans les cénacles où se construit la gouvernance mondiale des télécommunications.
Ingénieur de conception des télécommunications, ancien Directeur de la Coopération technique du ministère burkinabè en charge du numérique, il occupe aujourd'hui les fonctions de Coordonnateur de programmes au Bureau régional de l'Union internationale des télécommunications (UIT), à Addis-Abeba.
Une formation d'ingénieur bâtie en Bulgarie et en Suisse
Né le 3 avril 1964 à Ouagadougou, Richard ANAGO effectue un séjour d'études universitaires de sept ans en Bulgarie, où il obtient, à l'Ecole Supérieure Polytechnique de Mécanique Appliquée et d'Electrotechnique de Sofia, son diplôme d'Ingénieur de Conception des Télécommunications en 1989. Il complète cette formation initiale par un Master of Science en télécommunications à l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg, en Suisse, ainsi que par une certification PRINCE2 Foundation en conduite de projets. Expert et consultant de l'Union internationale des télécommunications (UIT) et de l'Union africaine des télécommunications (UAT), il parle couramment le français, l'anglais et le bulgare.
Quinze ans au cœur technique de l'opérateur historique
Richard ANAGO débute sa carrière en décembre 1992 comme ingénieur stagiaire à l'Office National des Télécommunications (ONATEL), où il intervient sur plusieurs centres techniques stratégiques, dont la station terrienne de télécommunications par satellite de Somgandé et les centres de transmission de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Il devient, à compter du 1er décembre 1993, Ingénieur titulaire de conception des Télécommunications, à l’issue de son stage probatoire, validé avec succès.
De 1994 à 1996, il dirige le Centre National de télésurveillance de l'ONATEL, en charge de la supervision informatisée du réseau national et de la gestion du trafic. De 1996 à 2003, il est Chef du service Etudes, Plans et Statistiques à la Direction des études et de la planification, où il pilote l'élaboration des plans directeurs de développement des télécommunications, l'ingénierie des réseaux et la mise en place d'infrastructures rurales, de fibre optique et de réseaux mobiles.
A la tête de la coopération internationale du Burkina Faso
A partir de septembre 2003, Richard Anago devient Chef du Département des Relations Internationales de l'ONATEL, puis, à partir de janvier 2007 et pour dix-sept ans, Directeur de la Coopération technique en matière de communications électroniques au Ministère burkinabè en charge du numérique. Il y dirige la participation et la contribution du Burkina Faso aux institutions régionales et internationales spécialisées des télécommunications — UIT, UAT, ITSO, ICANN, AfriNIC, Union Africaine, CEDEAO, GSMA,RASCOM — et occupe pendant une quinzaine d'années les fonctions de Chef de délégation et Conseiller du Burkina Faso au Conseil de l'UIT et au Conseil d'administration de l'UAT.
A ce poste, il coordonne la mise en œuvre de la stratégie nationale de normalisation des TIC, préside la commission chargée du passage du plan national de numérotage de six à huit chiffres, et participe à la définition des politiques d'accès et de service universel des communications électroniques. Il représente le Burkina Faso à pratiquement toutes les grandes conférences de l'UIT et de l’UAT depuis 1998 — Conférences de plénipotentiaires, Conférences mondiales de développement des télécommunications, Assemblées mondiales de normalisation, Conférences mondiales des radiocommunications — et agit, depuis 2003, comme rapporteur ou vice-rapporteur de plusieurs commissions d'études de l'UIT, portant notamment sur les politiques économiques, l'environnement, la qualité de service ou les réseaux futurs.
Une expertise portée au service du continent africain
Depuis décembre 2024, Richard Anago occupe les fonctions de Coordonnateur de programmes au Bureau régional pour l'Afrique de l'Union internationale des télécommunications, à Addis-Abeba, en Ethiopie. Il y supervise le cycle de vie complet des initiatives régionales et des projets de l'UIT en Afrique, coordonne la mobilisation de ressources extrabudgétaires, appuie les Etats membres et les équipes-pays des Nations Unies dans la formulation de leurs programmes de développement des télécommunications, et renforce la collaboration de l'organisation avec les institutions gouvernementales, les universités et le secteur privé à travers le continent.
Cette nomination consacre un parcours entièrement voué à la coopération internationale : de la représentation du Burkina Faso dans les instances mondiales à la coordination, aujourd'hui, des programmes de l'UIT pour l'ensemble de la région Afrique.
Une reconnaissance nationale pour un engagement de longue date
Son engagement a été distingué à deux reprises par le Burkina Faso : Chevalier de l'Ordre du Mérite en octobre 2009, puis Chevalier de l'Ordre National en octobre 2015.
Une vision d'une gouvernance africaine des télécommunications
Le parcours de Richard Anago illustre une conviction : le développement des télécommunications ne se limite pas aux infrastructures nationales, il dépend aussi de la capacité des pays africains à peser dans les négociations internationales qui définissent les normes, les ressources et les priorités de développement du secteur. De la salle des machines de l'ONATEL aux instances dirigeantes de l'UIT et de l'UAT, puis à la coordination des programmes de l'UIT pour l'Afrique, il aura à chaque étape de son parcours porté , avec conviction , la voix, les intérêts et le rayonnement du Burkina Faso et du continent africain au cœur de la gouvernance mondiale des télécommunications.
Cette trajectoire s’inscrit pleinement dans les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui place la coopération internationale, de la normalisation et de la gouvernance des télécommunications au cœur des leviers essentiels du développement numérique du Burkina Faso.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu’en sa qualité de directeur chargé de l’internationale, il a réussi, pendant près de quinze ans, à faire élire régulièrement le Burkina Faso, tous les quatre ans, au Conseil de l’UIT et au Conseil d’administration de l’UAT, renforçant ainsi durablement la présence et l’influence du pays au sein des instances de gouvernance régionale et internationale des télécommunications.
Parce qu'il a représenté le Burkina Faso pendant plus de quinze ans au Conseil de l'UIT,au Conseil d'administration de l'UAT ainsi qu’aux Conseils de l’ITSO et de RASCOM, contribuant à porter la voix et à défendre les intérêts du pays au sein des principales instances africaines et internationales du secteur des télécommunications.
Parce qu’il a contribué à la préparation, à l’adoption et à la transposition des directives et des actes additionnels des communautés économiques régionales dans l’arsenal juridique sectoriel du Burkina Faso, participant ainsi à l’harmonisation du cadre juridique national avec les engagements et normes communautaires en matière de télécommunications et de développement numérique.
Parce qu'il a piloté la stratégie nationale de normalisation des TIC et conduit la modernisation du Plan national de numérotage du Burkina Faso, contribuant ainsi à renforcer le cadre réglementaire, technique et normatif nécessaire au développement et à la modernisation du secteur numérique national.
Parce qu’il a été à la base de la coordination de la préparation et de la participation du Burkina Faso aux différentes étapes du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), de 2003 à 2025, contribuant ainsi à assurer une participation active et constante du pays aux grands débats internationaux sur l’avenir de la société de l’information et du développement numérique.
Parce qu’il a contribué à la définition et à la construction du premier backbone national en fibre optique du Burkina Faso, jetant ainsi les bases de l’infrastructure structurante nécessaire au développement de la connectivité haut débit et à la transformation numérique du pays.
Parce qu'il occupe aujourd'hui des fonctions de coordination au sein même de l'Union internationale des télécommunications, au service de l'ensemble du continent africain.
Et parce que son parcours rappelle que la souveraineté numérique d'un pays ne se construit pas uniquement à l’intérieur de ses frontières : elle se forge aussi dans les négociations internationales, souvent loin des projecteurs, là où se définissent, se négocient et se façonnent les règles qui structurent la gouvernance mondiale des télécommunications.
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