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Les 100 Visages du Burkina Digital : Sankara Daloune, créer, raconter et entreprendre à l'heure de l'IA

Publié le 24 septembre 2026 par Kevin Bado

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Sankara Daloune, créer, raconter et entreprendre à l'heure de l'IA

À 22 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Sankara Daloune, jeune entrepreneur digital, créateur de contenus et fondateur de CREOVA, dont le parcours, encore récent, raconte quelque chose de la nouvelle génération du numérique burkinabè : une génération qui entre dans le digital par les réseaux sociaux, transforme l'image et la vidéo en activité professionnelle et s'approprie déjà l'intelligence artificielle comme nouvel outil de création.

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Deux millions de vues. Pour quelqu'un qui venait à peine de commencer son aventure dans la création numérique, le chiffre avait de quoi encourager. La vidéo était consacrée au CHU de Pala. Et derrière l'écran, un jeune créateur installé à Bobo-Dioulasso découvrait une réalité devenue centrale dans l'économie de l'attention : une histoire locale peut désormais toucher un public immense lorsqu'elle trouve la bonne manière d'être racontée. Ce jeune créateur s'appelle Sankara Daloune.

Quelques mois auparavant, en septembre 2024, il lançait Ma Ville en Vue, une initiative destinée à mettre en valeur les réalités locales de Sya à travers des contenus conçus pour les réseaux sociaux. Il n'imaginait peut-être pas encore que cette expérience allait constituer le point de départ d'une aventure entrepreneuriale.

Tout commence par Sya

Le premier terrain numérique de Sankara Daloune est donc sa ville. Bobo-Dioulasso. Ou plutôt Sya, comme il choisit de la raconter. Avec Ma Ville en Vue, son idée est de produire des visuels et des contenus adaptés aux réseaux sociaux afin de valoriser les lieux et les réalités locales.

Le projet lui permet surtout de comprendre quelque chose qui orientera la suite de son parcours : dans l'univers numérique, la visibilité se construit. Une entreprise peut avoir un bon produit et rester inconnue. Une initiative peut être pertinente et ne toucher presque personne. Un territoire peut regorger d'histoires qui restent invisibles. Entre ce qui existe et ce que le public voit, il y a désormais tout un métier : celui de la création de contenus.

La vidéo réalisée autour du CHU de Pala, qui atteint selon son CV environ deux millions de vues, agit comme un déclic. Le digital peut devenir plus qu'une passion. Il peut devenir un métier.

De « Ma Ville en Vue » à CREOVA

Sankara Daloune élargit alors progressivement son terrain de jeu. Montage vidéo. Création visuelle. Communication sur les réseaux sociaux. Production publicitaire. Storytelling. De cette évolution naît CREOVA — Digital Creative Agency, une agence qu'il fonde pour mettre ses compétences au service d'entreprises, d'entrepreneurs et de projets souhaitant développer leur présence numérique. Le nom résume d'ailleurs assez bien sa philosophie. Créer. Innover. Impacter.

Créer pour attirer l'attention. Innover en utilisant les nouveaux outils technologiques. Impacter pour que le contenu produit serve réellement les objectifs de celui qui communique. La démarche peut sembler évidente aujourd'hui. Elle témoigne pourtant d'une transformation profonde du paysage entrepreneurial. Il n'est désormais plus indispensable de posséder une imprimerie, un studio de télévision ou de lourds équipements audiovisuels pour commencer à produire et diffuser du contenu. Une partie de l'outil de production s'est déplacée vers l'ordinateur, le smartphone et le cloud.

Puis l'intelligence artificielle est arrivée

Et cette transformation connaît aujourd'hui une nouvelle accélération. L'intelligence artificielle générative permet de produire des images, générer des voix, chercher des concepts, écrire des scénarios, assister le montage ou accélérer certaines étapes de production. Sankara Daloune a rapidement intégré ces outils dans sa pratique. Son CV mentionne notamment CapCut, ElevenLabs, Manus, Claude et ChatGPT, mais aussi l'exploration de nombreux autres outils numériques et d'intelligence artificielle selon les besoins des projets.

Ce qui change n'est donc pas seulement l'outil. C'est aussi la vitesse à laquelle un jeune créateur peut acquérir de nouvelles capacités. Hier, certaines productions exigeaient plusieurs compétences spécialisées. Aujourd'hui, une même personne peut être aidée par l'IA pour imaginer un concept, travailler une image, générer une voix ou accélérer une partie du processus créatif.

Mais l'outil ne répond pas à la question essentielle : qu'est-ce qu'on veut raconter ? C'est là que demeure le travail du créateur.

L'IA au service des petites entreprises

Cette approche se retrouve dans les projets que Sankara Daloune commence à réaliser. Son CV cite notamment Bomlema, Maison Bomlema, Crémia by Aïda et FAARACK Délice, pour lesquels il produit différents contenus de communication, vidéos, créations visuelles ou publicités, dont certaines assistées par intelligence artificielle. Il mentionne également une participation à la réalisation de contenus pour Benkadibaara, ainsi que le montage de reportages autour d'apprenants en formation dans la région du Guiriko.

Ces réalisations illustrent une autre facette de la transformation numérique. La révolution digitale ne concerne pas uniquement les banques, les administrations ou les grandes entreprises. Une petite entreprise de restauration, un commerce, un artisan ou un entrepreneur individuel doit désormais lui aussi apprendre à exister dans l'espace numérique. Et autour de ce besoin émerge toute une économie de nouveaux métiers. Créateurs de contenus. Community managers. Vidéastes. Designers. Spécialistes du marketing digital. Et désormais créateurs assistés par IA. Sankara Daloune appartient à cette économie-là.

Une génération qui apprend en faisant

Son CV ne raconte pas un parcours de vingt années dans les technologies. Il raconte presque l'inverse. Une entrée très récente dans le secteur, suivie d'une succession rapide d'expérimentations. C'est aussi ce qui rend son profil intéressant dans une série comme celle des 100 Visages du Burkina Digital. Car le Burkina numérique n'est pas construit uniquement par ceux qui ont connu les débuts de l'Internet dans le pays. Il se construit également avec ceux qui arrivent aujourd'hui, dans un environnement complètement différent. Une génération qui n'a plus seulement accès à Internet. Elle produit pour Internet. Elle apprend sur Internet. Elle cherche ses clients sur Internet. Elle construit des marques sur les réseaux sociaux. Et elle découvre presque simultanément le digital et l'intelligence artificielle.

Devenir entrepreneur par la création

La trajectoire de Sankara Daloune raconte également la manière dont le numérique réduit certaines barrières à l'entrée dans l'entrepreneuriat. Il commence par produire des contenus autour de sa ville. Il développe progressivement des compétences. Ces compétences trouvent des clients. Puis vient l'agence.

À travers CREOVA, son ambition affichée est désormais de construire une structure capable d'accompagner entreprises, entrepreneurs et initiatives dans leur communication, en combinant créativité, technologie et intelligence artificielle. Le chemin est encore en construction. Et c'est important de le dire. Sankara Daloune n'est pas au terme d'une longue carrière dont on pourrait déjà mesurer l'ensemble des réalisations. Il est plutôt au commencement d'une trajectoire. Mais les 100 Visages du Burkina Digital peuvent aussi servir à cela : montrer ceux qui ont construit hier, ceux qui construisent aujourd'hui et ceux qui commencent peut-être à construire demain.

Quand Bobo-Dioulasso devient un terrain de création numérique

Il y a enfin dans son parcours une dimension géographique intéressante. L'aventure ne commence pas ailleurs. Elle commence à Bobo-Dioulasso. Et elle commence précisément par l'envie de raconter Bobo-Dioulasso. À l'heure où un smartphone permet potentiellement à une création réalisée depuis Sya d'être regardée à Ouagadougou, Abidjan, Paris, New York ou Tokyo, la localisation du créateur n'impose plus nécessairement les limites de son public. Et c’est cela aussi l’esprit de la foire virtuelle proposée par Le Faso Digital.

Le numérique offre ainsi une possibilité nouvelle aux territoires : se raconter eux-mêmes. Montrer leurs lieux. Leurs entreprises. Leurs initiatives. Leurs talents. Et éventuellement transformer cette capacité à raconter en activité économique. C'est exactement le chemin qui relie Ma Ville en Vue à CREOVA.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce que Sankara Daloune représente une nouvelle génération de créateurs et d'entrepreneurs numériques burkinabè, entrée très récemment dans un écosystème où les frontières entre création, communication, technologie et entrepreneuriat deviennent de plus en plus poreuses.

Parce qu'il a commencé par utiliser les réseaux sociaux pour mettre en valeur les réalités de sa ville avant de transformer progressivement cette expérience en projet entrepreneurial.

Parce qu'à travers CREOVA, il utilise la vidéo, le design, le storytelling et désormais l'intelligence artificielle pour accompagner la communication d'entreprises et de projets.

Parce que son parcours montre aussi que l'intelligence artificielle n'est plus uniquement l'affaire des laboratoires, des ingénieurs ou des grandes entreprises : elle entre désormais dans le quotidien des créateurs, des communicants et des petites structures.

Et surtout parce que son histoire, encore à ses premières pages, rappelle une transformation majeure : pour toute une génération de jeunes Burkinabè, le numérique n'est plus seulement un secteur dans lequel chercher un emploi. Il devient un espace dans lequel inventer son propre métier.

www.lefasodigital.net

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