1. L'application mobile
Une prise en main adaptée au terrain. Au premier lancement, l'éleveur suit une phase d'onboarding courte et guidée. Il choisit d'abord sa langue (français, mooré, dioula ou fulfulé), puis renseigne son cheptel (espèces élevées et effectifs), sa région et sa province. Ces informations personnalisent l'expérience : la langue des écrans et des réponses, les conseils adaptés aux espèces concernées et la localisation des signalements sanitaires. Elles évitent aussi à l'éleveur de répéter ces informations à chaque utilisation.
La détection des maladies par image. Cette fonctionnalité repose sur un modèle de vision par ordinateur entraîné sur des données annotées de maladies et de lésions. L'éleveur photographie l'animal ou la lésion, et l'application analyse l'image en quelques secondes. Elle propose des hypothèses assorties d'un niveau de confiance et indique les gestes à effectuer immédiatement, comme isoler l'animal, éviter de déplacer le troupeau ou désinfecter le matériel. L'outil reste volontairement prudent : il ne pose jamais de diagnostic définitif, ne prescrit aucun médicament et oriente vers un vétérinaire lorsque sa confiance est insuffisante.
Le chatbot conversationnel. L'éleveur peut dialoguer en temps réel avec un assistant, à l'écrit comme à la voix. Cet assistant combine trois briques : un système de génération augmentée par récupération (RAG), qui appuie les réponses sur une base de connaissances et des protocoles vétérinaires fiables, un grand modèle de langue (LLM), qui comprend la question et formule une réponse claire, et des modèles de langue nationale, qui permettent d'échanger dans les langues de l'éleveur. Le chatbot pose les bonnes questions (espèce, âge, symptômes, nombre d'animaux touchés), puis propose des réponses ou des pistes d'action. Il constitue ainsi un conseiller d'élevage disponible jour et nuit.
La mise en relation avec un vétérinaire. Lorsque la situation dépasse les capacités de l'outil, l'éleveur peut joindre directement un vétérinaire, par appel téléphonique ou par WhatsApp, en un seul geste. Le rapport de cas, déjà rédigé par l'application, accompagne la demande. Le professionnel reçoit ainsi un dossier complet et gagne du temps, ce qui réduit le délai de prise en charge.
Le carnet de vaccination. Chaque éleveur dispose d'un carnet numérique qui suit les vaccinations et les soins de son cheptel. Il déclenche des rappels avant chaque échéance, ce qui limite les oublis, source de nombreuses pertes. L'historique sanitaire peut aussi être présenté à un acheteur, ce qui valorise les animaux mieux suivis.
La communauté d'éleveurs. L'application intègre un espace d'échange où les éleveurs posent des questions, partagent leurs expériences sur l'alimentation, la santé ou la reproduction, et profitent des solutions trouvées par d'autres dans des situations similaires. Cette communauté rompt l'isolement de l'éleveur au-delà de son village.
2. Le backend et l'intelligence artificielle
L'application mobile est développée avec Flutter, ce qui permet de proposer une interface performante sur des téléphones Android d'entrée de gamme. Elle communique avec un backend construit avec FastAPI, un framework Python rapide, adapté à l'exposition de modèles d'intelligence artificielle. Ce backend héberge les modèles de détection YOLO, chargés d'analyser les images, ainsi que les modèles de langue qui alimentent le chatbot et la compréhension des langues nationales. Il reçoit chaque demande de l'éleveur, la traite, renvoie la réponse à l'application et transmet les résultats au site d'administration. Cette architecture centralisée facilite l'amélioration continue : chaque photo validée par un vétérinaire permet d'affiner les modèles sur les races et les maladies locales.
3. Le site d'administration et la veille sanitaire
Le site d'administration, développé avec React.js, Vite et Tailwind CSS et connecté au backend, est l'outil de pilotage destiné aux autorités et aux partenaires. Il récupère chaque photo analysée et chaque description de maladie faite par l'éleveur et traitée par la solution. Ces données sont organisées par région, ce qui permet de suivre la situation sanitaire de chaque zone.
À partir de ces informations, le site produit des indicateurs statistiques qui montrent l'évolution des maladies dans chaque région. Une augmentation anormale des signalements dans une zone devient visible rapidement, ce qui permet de repérer un foyer avant qu'il ne s'étende. Les responsables peuvent alors émettre une alerte ciblée vers les éleveurs de la zone concernée. Le site permet également d'inscrire et de gérer les vétérinaires partenaires, afin de constituer un réseau de professionnels mobilisables. Ce dispositif est particulièrement utile au ministère en charge de l'agriculture et des ressources halieutiques, qui dispose d'une vision quasi continue de la situation sanitaire du cheptel. Pour éviter toute panique inutile, aucune alerte n'est diffusée sans validation humaine, et seules des données agrégées et anonymisées sont exploitées.
4. L'intégration WhatsApp
La dernière fonctionnalité, actuellement en développement, vise à rendre la solution accessible aux éleveurs moins familiers avec les applications mobiles. Elle leur permettra d'effectuer les mêmes tâches (signaler un cas, envoyer une photo, poser une question, obtenir un conseil) directement depuis WhatsApp, un outil qu'ils utilisent déjà au quotidien. Cette intégration élargit fortement la portée du projet, puisqu'elle supprime la barrière liée à l'installation et à la prise en main d'une nouvelle application.