Le Faso Digital

Concours National d’Innovation Digitale

Éditions 2026

Découverte de :

Raaga Market

Commerce, gestion & entrepreneuriat

Équipe/structure

Raaga Market — donner une adresse et une réputation à l'économie informelle burkinabè.

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Description brève :

Raaga Market numérise l'économie de quartier de Ouagadougou. On photographie ce qu'on vend : l'intelligence artificielle rédige l'annonce, car ici savoir photographier est plus répandu que savoir écrire. Chaque vendeur est ancré dans un quartier réel et joignable par un numéro vérifié ; la diaspora peut enfin vendre au pays via un correspondant local. Conçue et développée à Ouagadougou par un seul Burkinabè grâce à l'IA. Multi-pays et multi-devises, publiée sur Google Play.

Concours National d’Innovation Digitale 2026

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Projet innovant

Il y a deux problèmes dans ce dossier, et le second explique le premier. Le problème du marché. À Ouagadougou, une femme qui veut vendre son réfrigérateur affronte deux obstacles. Le premier, elle en parle : trouver un acheteur. Le second, elle n'en parle à personne : il faut écrire. Un titre, une description, une catégorie. Elle tient un commerce depuis quinze ans. Elle ne sait pas rédiger une annonce en français. Alors elle renonce — et personne ne saura jamais qu'elle a renoncé, car un abandon ne laisse aucune trace. C'est la fracture numérique dont on ne parle jamais. On mesure l'accès au téléphone, à internet, à l'électricité. On ne mesure pas la barrière du clavier. Elle exclut pourtant précisément ceux que le commerce en ligne devrait servir en premier : les commerçantes des marchés, les artisans, les revendeurs, ceux dont le stock est petit et la marge fine. S'y ajoutent deux blocages que les réseaux sociaux ne résoudront jamais. On ne sait pas à qui on parle, ni où — sur un groupe Facebook, un vendeur n'est qu'un nom, qui peut être à Bobo ou n'exister que le temps d'une arnaque. Et la diaspora envoie de l'argent, jamais des biens : un Burkinabè de Paris qui repère une bonne affaire ne peut pas la vendre au pays, faute de quelqu'un pour remettre l'article. Le problème du pays. Pourquoi ces besoins-là n'étaient-ils pas déjà servis ? Parce que construire une telle plateforme exigeait hier des millions de francs et une équipe d'ingénieurs. Nos réalités n'intéressaient pas ceux qui avaient ces moyens, et ceux qui connaissaient nos réalités n'avaient pas ces moyens. Les solutions burkinabè ne naissaient pas faute de capital, pas faute d'idées. C'est exactement cette barrière-là que l'intelligence artificielle vient de faire tomber.

Impacts attendus

Nous faisons entrer dans le commerce en ligne ceux que l'écrit en excluait. Une vendeuse qui n'aurait jamais rédigé une annonce en publie une en photographiant son étal. Nous donnons une identité économique aux invisibles. Pour la première fois, un commerçant informel a une boutique identifiée, un quartier, un historique, une réputation. Il commence à exister dans le monde de la donnée — et c'est la première marche vers l'inclusion financière. Face à la vie chère, nous transformons ce qui dort en revenu. Chaque objet inutilisé, chaque savoir-faire devient une opportunité. Nous rendons la rencontre entre inconnus moins risquée. Chaque vendeur est rattaché à un quartier et joignable par un numéro vérifié. Nous protégeons la vie privée dans un pays où elle est peu défendue : numéros jamais visibles, conversations cloisonnées, engagements écrits publiquement. Le Burkina dispose d'un cadre juridique et d'une autorité, la CIL ; nous entendons en être un exemple. Nous rendons à la diaspora autre chose qu'un guichet de transfert : elle redevient actrice du commerce national.