
À 69 jours de l’ouverture de “Le Faso Digital 2026”, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd’hui, nous mettons à l’honneur le Dr Halguiéta Nassa Trawina, Présidente de la Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL), enseignante-chercheure et experte en systèmes d’information, dont le parcours illustre l’émergence d’un numérique burkinabè fondé sur la confiance, la responsabilité et la protection des citoyens.
À mesure que les services publics se digitalisent, que les entreprises exploitent davantage les données et que l’intelligence artificielle transforme les usages, une nouvelle exigence s’impose : protéger les droits fondamentaux des personnes dans l’univers numérique. Derrière cette mission, se trouvent des femmes et des hommes qui veillent à ce que l’innovation technologique reste compatible avec les libertés individuelles.
Au Burkina Faso, le Dr Halguiéta Nassa Trawina est aujourd’hui l’une des principales figures de cette gouvernance numérique responsable. À la tête de la Commission de l’Informatique et des Libertés depuis septembre 2023, elle pilote l’application de la loi portant protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel et contribue à bâtir un écosystème national fondé sur la confiance et la sécurité des données.
Une informaticienne au parcours académique exemplaire
Le parcours du Dr Trawina est d’abord celui d’une femme passionnée par les systèmes d’information. Après un cursus complet en informatique, de l’Institut Supérieur d’Informatique de Gestion (ISIG) à l’Université de Ouagadougou, elle obtient une Maîtrise en Méthodes Informatiques Appliquées à la Gestion (MIAGE), puis un Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées en Ingénierie informatique, Organisation et Protection des Systèmes d’Information.
En 2022, elle soutient un Doctorat en informatique à l’Université Nazi Boni consacré à la conception d’une plateforme web sociale et sémantique destinée à valoriser les connaissances endogènes dans l’adaptation aux changements climatiques. Une recherche qui traduit déjà sa conviction que les technologies numériques doivent être mises au service des défis de développement du continent africain.
Former les talents et moderniser les institutions
Avant de prendre la tête de la CIL, Halguiéta Nassa Trawina construit pendant près de deux décennies une solide expérience dans la gestion des systèmes d’information publics. Responsable informatique de l’Institut Burkinabè des Arts et Métiers (IBAM) durant dix années, elle participe à la modernisation des infrastructures numériques de l’établissement, administre les plateformes de formation ouverte et à distance et accompagne l’introduction de nouveaux outils de gestion académique.
Elle rejoint ensuite le ministère en charge de l’environnement comme Directrice des services informatiques, où elle conduit l’élaboration du schéma directeur du système d’information, pilote les projets informatiques et accompagne la transformation numérique du département ministériel.
Parallèlement, elle poursuit une carrière d’enseignante-chercheure à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Depuis plusieurs années, elle forme les futures générations d’informaticiens, d’ingénieurs et de gestionnaires des systèmes d’information, tout en encadrant des travaux de recherche et en développant des formations ouvertes à distance.
À la tête de la Commission de l’Informatique et des Libertés
En septembre 2023, elle est appelée à présider la Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL), l’autorité indépendante chargée de veiller à la protection des données à caractère personnel au Burkina Faso. Sa mission dépasse largement le contrôle administratif. Elle consiste à faire respecter les droits numériques des citoyens et à guider les acteurs publics et privés vers la conformité, tout en assurant une régulation ferme et une veille permanente face aux innovations technologiques..
Sous son impulsion, la CIL multiplie les actions de sensibilisation, renforce le dialogue avec les acteurs du numérique et organise notamment la journée nationale de la protection des données à caractère personnel afin d’accompagner la digitalisation croissante de l’administration publique.
Une scientifique au service de l’innovation responsable
Le Dr Trawina conjugue responsabilités institutionnelles et activité scientifique. Ses travaux portent sur les systèmes d’information, le web sémantique, les graphes de connaissances, les données ouvertes, les ontologies, l’intelligence artificielle et les technologies de gestion des connaissances. Ses publications scientifiques, présentées dans plusieurs conférences internationales, illustrent une recherche tournée vers les applications concrètes des technologies numériques au développement durable et à la valorisation des savoirs locaux. Cette double culture, universitaire et opérationnelle, lui permet d’aborder les enjeux de protection des données avec une vision à la fois technique, juridique et sociétale.
Promouvoir une culture de la confiance numérique
À travers ses interventions nationales et internationales, Halguiéta Nassa Trawina défend une idée simple : la transformation digitale ne peut réussir durablement que si les citoyens ont confiance dans les systèmes qui traitent leurs informations personnelles.
Qu’il s’agisse des plateformes administratives, des services financiers, de la santé numérique ou de l’intelligence artificielle, la protection des données devient un élément essentiel de la souveraineté numérique et de la protection des libertés individuelles. Cette vision guide aujourd’hui l’action qu’elle conduit à la tête de la CIL, où elle œuvre à faire de la conformité, de la transparence et de la responsabilité des principes structurants de l’écosystème numérique burkinabè.
Une reconnaissance au service de la Nation
Le parcours du Dr Halguiéta Nassa Trawina a été salué par les plus hautes autorités du pays. Après avoir été élevée au rang de Chevalier de l’Ordre du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication en 2020, elle est promue Commandeur de l’Ordre de l’Étalon en octobre 2025, une distinction qui vient reconnaître son engagement au service de la modernisation de l’État et de la gouvernance numérique.
Pourquoi fait-elle partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu’elle est aujourd’hui l’une des principales garantes de la protection des données personnelles et de la confiance numérique au Burkina Faso.
Parce qu’elle allie excellence académique, recherche scientifique et responsabilités institutionnelles au plus haut niveau.
Parce qu’elle contribue depuis plus de vingt ans à former les compétences nationales, à moderniser les systèmes d’information publics et à promouvoir une gouvernance responsable du numérique.
Parce qu’elle rappelle que la réussite de la transformation digitale ne repose pas uniquement sur les technologies, mais aussi sur la protection des droits, l’éthique et la confiance des citoyens.
Et parce qu’à l’heure où les données deviennent l’une des ressources les plus stratégiques de l’économie numérique, elle œuvre chaque jour à faire du respect des libertés individuelles un pilier du développement numérique du Burkina Faso.