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Les 100 Visages du Burkina Digital : Brahima Konaté, mettre le numérique au service du parcours étudiant

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À 49 jours de l’ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd’hui, nous sommes avec Brahima Konaté, Directeur des Systèmes d’Information du ministère chargé de l’Enseignement supérieur et doctorant en intelligence artificielle, dont le parcours illustre la transformation progressive de l’université burkinabè par les plateformes numériques, les données et désormais l’IA.

Il fut un temps où l’orientation d’un nouveau bachelier burkinabè rimait avec formulaires, déplacements, files d’attente et démarches administratives. Aujourd’hui, une bonne partie du parcours commence derrière un écran. Choisir une orientation. Suivre son dossier. Demander une bourse. Accéder à certains services universitaires.

Derrière cette transformation se trouvent des plateformes, des bases de données et des équipes techniques. Et parmi les informaticiens qui ont participé à leur construction figure Brahima Konaté.

Ingénieur de conception en informatique, spécialiste du génie logiciel, il travaille depuis plus d’une décennie à la rencontre de deux univers : le numérique et l’enseignement supérieur.

Quand l’informaticien entre à l’université

Formé à l’École supérieure d’informatique de l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso, Brahima Konaté obtient d’abord son diplôme d’ingénieur des travaux informatiques en analyse et programmation en 2011, puis celui d’ingénieur de conception en informatique, option génie logiciel, en 2014.

Dès août 2015, il rejoint l’Université Ouaga II, devenue Université Thomas Sankara, comme Directeur des Services Informatiques. Il y travaille à la mise en place et à la gestion d’applications couvrant plusieurs fonctions de l’université : finances, ressources humaines, gestion des étudiants. Il administre également des bases de données et participe au déploiement d’outils d’e-learning.

Le terrain est trouvé. L’informaticien va désormais consacrer une grande partie de son parcours à une question : comment utiliser la technologie pour faire fonctionner autrement l’université ?

Quand la correction des concours devient électronique

Entre 2018 et 2020, Brahima Konaté intervient sur un autre chantier de digitalisation de l’administration publique. Au ministère chargé de la Fonction publique, il dirige l’équipe technique chargée de la digitalisation de la correction des concours, avec le déploiement d’une plateforme de correction électronique. L’exemple est intéressant parce qu’il montre ce que signifie concrètement la transformation digitale. Il ne s’agit pas simplement de remplacer le papier par un écran. Digitaliser un processus suppose de repenser sa chaîne de traitement, d’automatiser certaines opérations, de sécuriser les données et de permettre leur traitement à une échelle parfois considérable. Individuset société

Quelques années plus tard, Brahima Konaté retrouve cette logique, mais cette fois à l’échelle de l’enseignement supérieur.

CampusFaso : mettre l’université derrière un écran

De juillet 2020 à juillet 2024, il devient responsable technique de la plateforme Web du ministère chargé de l’Enseignement supérieur. Au cœur du dispositif : CampusFaso. La plateforme prend progressivement en charge plusieurs moments importants de la vie étudiante : orientation des bacheliers vers les universités, gestion des bourses, hébergement dans les cités universitaires ou encore gestion du programme « Un étudiant, un ordinateur ». Derrière chacune de ces fonctionnalités se cache un processus administratif autrefois largement physique.

Pour le bachelier, l’effet du numérique devient alors très concret. Ce qui nécessitait autrefois un déplacement peut, dans certaines situations, commencer depuis un téléphone ou un ordinateur. Ce qui supposait plusieurs interlocuteurs peut être centralisé. Et l’administration dispose progressivement d’une vision plus structurée des données produites par le système. C’est probablement l’une des formes les plus parlantes de la transformation digitale : celle que l’usager ressent dans ses démarches quotidiennes.

De CampusFaso à une plateforme intégrée

En juillet 2024, Brahima Konaté franchit une nouvelle étape en devenant Directeur des Systèmes d’Information du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ses responsabilités s’élargissent. Il travaille désormais à la mise en place d’une plateforme intégrée de l’enseignement supérieur, destinée à prendre en charge notamment les orientations des bacheliers, les délibérations, les volumes horaires et les infrastructures. Il intervient également dans le déploiement des réseaux d’interconnexion des universités.

L’enjeu n’est donc plus uniquement de mettre un service en ligne. Il s’agit progressivement de construire un système d’information de l’enseignement supérieur, dans lequel plusieurs fonctions et plusieurs établissements peuvent s’articuler. Et cette évolution ouvre une autre possibilité : mieux exploiter les données produites.

Après avoir numérisé les parcours, essayer de les prédire

C’est ici qu’apparaît une autre facette du profil de Brahima Konaté. Après l’informatique, il s’est formé au management de projet, puis au management des organisations avec un Executive MBA. Depuis 2023, il prépare à l’Université Norbert Zongo un doctorat en informatique consacré à l’intelligence artificielle. Ses travaux scientifiques restent étroitement liés à l’enseignement supérieur.

En 2024, il publie avec Tounwendyam Frédéric Ouédraogo un article consacré à l’utilisation du Machine Learning pour prédire les diplômés en droit de l’Université Thomas Sankara. Un autre travail porte sur un modèle de prédiction de la rétention des étudiants en première année dans les filières de lettres au Burkina Faso.

Le passage est particulièrement intéressant. Pendant des années, Brahima Konaté a contribué à construire les systèmes qui collectent et organisent les données universitaires. Aujourd’hui, ses recherches interrogent ce que l’intelligence artificielle peut permettre de comprendre à partir de ces données. Quels étudiants risquent de décrocher ? Quels facteurs influencent la réussite ? Peut-on détecter suffisamment tôt certaines difficultés pour agir avant l’échec ? L’informatique de gestion commence alors à rencontrer l’informatique prédictive.

De la dématérialisation à l’université intelligente ?

Cette évolution dessine peut-être la prochaine étape de la transformation numérique de l’enseignement supérieur burkinabè. La première consistait à informatiser les services. La deuxième à mettre les démarches en ligne. La troisième à connecter et intégrer les différents systèmes. La suivante pourrait être d’utiliser intelligemment les données accumulées pour améliorer les décisions. Individuset société

Mais cette évolution pose aussi de nouvelles exigences : qualité des données, sécurité, protection des informations personnelles, transparence des algorithmes et capacité à éviter les biais. Car prédire le parcours d’un étudiant n’a de sens que si cette connaissance permet de mieux l’accompagner, et non de l’enfermer dans une prédiction. C’est là que la recherche rejoint les responsabilités du gestionnaire de systèmes d’information.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce que Brahima Konaté travaille depuis plus d’une décennie à la digitalisation de services directement liés à l’université et à l’administration publique.

Parce qu’il a participé au déploiement de la correction électronique des concours de la Fonction publique.

Parce qu’il a été pendant quatre ans responsable technique de CampusFaso, plateforme qui accompagne désormais plusieurs étapes importantes du parcours des étudiants burkinabè.

Parce qu’en tant que Directeur des Systèmes d’Information du ministère chargé de l’Enseignement supérieur, il travaille aujourd’hui à une plateforme intégrée et à l’interconnexion des universités.

Et parce qu’avec ses recherches doctorales en intelligence artificielle, il explore désormais une nouvelle frontière : passer des systèmes qui enregistrent le parcours de l’étudiant à des outils capables d’aider à mieux le comprendre et, peut-être, à mieux l’accompagner.

www.lefasodigital.net

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