
À moins de 100 jours de l’ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui façonnent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd’hui, nous mettons en lumière le Commissaire principal de police Arouna Ouattara, Directeur général de l’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC), l’un des principaux artisans de la modernisation numérique de l’administration publique burkinabè.
À l’heure où les États accélèrent leur transformation digitale, la qualité des infrastructures numériques, la sécurité des systèmes d’information et la dématérialisation des services publics deviennent des leviers essentiels de performance, de transparence et de souveraineté. Derrière ces mutations se trouvent des femmes et des hommes capables de concevoir les architectures, de conduire les réformes et de fédérer les acteurs autour d’une vision commune. Le Commissaire principal Arouna Ouattara fait partie de cette génération d’experts qui allient une solide culture informatique à une expérience opérationnelle des enjeux de sécurité. Ingénieur de conception en systèmes d’information, officier supérieur de police et manager public, il s’est imposé comme l’un des visages de la transformation digitale de l’État.
Un ingénieur devenu bâtisseur du numérique public
Le parcours d’Arouna Ouattara illustre la rencontre entre les technologies de l’information et le service public.
Formé à l’École supérieure d’informatique de l’Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso, où il obtient successivement les diplômes d’ingénieur de travaux puis d’ingénieur de conception en informatique, il complète son parcours à l’École nationale de Police en devenant Commissaire de Police.
Cette double compétence lui permet très tôt de comprendre que le numérique ne relève pas uniquement de la technologie, mais constitue également un enjeu majeur de gouvernance, de sécurité et de modernisation de l’action publique.
Des premières applications à la cybercriminalité
Après une première expérience dans le secteur privé comme responsable Recherche et Développement chez YESBO Burkina, il rejoint la Police nationale où il participe à la conception des premières solutions informatiques destinées aux services de sécurité.
Très vite, il est appelé à prendre la tête de la Division technique anti-cybercriminalité. À cette fonction, il contribue à structurer les capacités nationales d’investigation numérique. Il pilote notamment la mise en place du laboratoire de criminalistique numérique de la Police nationale, accompagne les officiers de police judiciaire dans plusieurs centaines d’enquêtes liées aux preuves électroniques, forme plus de deux cents enquêteurs spécialisés et sensibilise largement les citoyens aux risques du cyberespace.
Son engagement dépasse le cadre national. Il participe à la création de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité, contribue à l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité et prend part aux travaux ayant conduit à l’intégration des infractions numériques dans le Code pénal burkinabè. Histoire
Au cœur de la transformation digitale de l’administration
En 2020, Arouna Ouattara rejoint le ministère en charge de la Fonction publique en qualité de Directeur des services informatiques. Cette étape marque un tournant vers la modernisation de l’administration.
Sous sa responsabilité, plusieurs projets structurants voient le jour : mise en œuvre du schéma directeur du système d’information, création du centre de données du ministère, renforcement de la sécurité informatique, déploiement d’un centre de services (HelpDesk) et surtout accélération de la dématérialisation de nombreuses procédures administratives.
Des plateformes aujourd’hui bien connues des agents publics, telles que eConcours, eSITA, eNotation, PRISCA, SADINA ou encore ALIAS 2.0, figurent parmi les initiatives qu’il a accompagnées dans leur mise en œuvre, contribuant à rapprocher l’administration des citoyens et à améliorer l’efficacité des services publics.
L’ANPTIC, laboratoire du Burkina numérique
Nommé Secrétaire général de l’ANPTIC en 2022 puis Directeur général en avril 2026, Arouna Ouattara prend une place centrale dans la gouvernance numérique nationale.
À ce poste, il coordonne plusieurs chantiers majeurs de la transformation digitale. Son action porte notamment sur le développement des infrastructures numériques critiques de l’État, avec la mise en place de centres de données de secours (Disaster Recovery), le renforcement des réseaux gouvernementaux, l’amélioration de la disponibilité des services numériques et la supervision progressive des infrastructures stratégiques.
Il accompagne également la dématérialisation de nombreuses procédures administratives, la généralisation des plateformes collaboratives de gestion documentaire et apporte un appui stratégique aux ministères et institutions engagés dans leur transformation numérique.
Responsable du suivi de plusieurs chantiers prioritaires de la feuille de route nationale de transformation digitale à l’horizon 2030, il participe activement à la construction d’une administration plus performante, plus connectée et davantage orientée vers les usagers.
Un promoteur de la gouvernance numérique
Au-delà des réalisations techniques, Arouna Ouattara défend une vision où la transformation digitale repose autant sur les infrastructures que sur les compétences humaines, les méthodes de gouvernance et la sécurité des systèmes d’information.
Certifié COBIT 5 et ISO 27001 Lead Implementor, il associe les meilleures pratiques internationales aux réalités de l’administration burkinabè. Ses compétences couvrent la gouvernance des systèmes d’information, la cybersécurité, la gestion de projets informatiques, les infrastructures publiques numériques ainsi que la conduite des réformes organisationnelles.
Il contribue également au renforcement des capacités des ingénieurs et des nouveaux informaticiens de l’administration, convaincu que le succès de la transition numérique dépend avant tout des femmes et des hommes qui la portent.
Une vision d’un État numérique souverain
Le parcours d’Arouna Ouattara montre que la transformation digitale ne consiste pas uniquement à acquérir des équipements ou à développer des applications. Elle suppose une vision de long terme, des infrastructures résilientes, des services sécurisés, des compétences nationales solides et une gouvernance cohérente.
Cette vision rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui promeut un numérique au service du développement, de l’efficacité de l’action publique et de la souveraineté nationale.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu’il est l’un des principaux artisans de la transformation numérique de l’administration publique burkinabè.
Parce qu’il a contribué à renforcer les capacités nationales en matière de cybersécurité, d’investigation numérique et de lutte contre la cybercriminalité.
Parce qu’il pilote aujourd’hui, à la tête de l’ANPTIC, plusieurs projets structurants liés aux infrastructures numériques, aux centres de données, à la dématérialisation des services publics et à la modernisation de l’État.
Parce qu’il incarne une génération de dirigeants capables de conjuguer expertise technologique, vision stratégique et sens du service public.
Et parce que, pour lui, le numérique n’est pas une fin en soi, mais un levier de transformation durable au service des citoyens, de l’administration et du développement du Burkina Faso. Histoire